ann berlin et le gros bobby

10 mai 2009

Chantons, chantons, ...

Une anecdote m'est revenue hier. Je travaille dans une salle de concert, à tendance "musique 'savante' européenne et américaine du nord", de la musique classique quoi ! J'ai toujours un problème avec tout ces termes.

J'adore ce travail, on voit pas mal de choses assez drôle. Les pires looks qui respirent tout sauf la classe (mis à part le sac Chanel, et encore c'est discutable, qui est sensé sauver la catastrophe ?), des dames âgées complètement excentriques, des jeunes loups coincés (ou qui adorent paraître comme ça, mais croyez-moi, ne jamais se fier, ne jamais se fier)... Bref, c'est un endroit où je me régale à constater l'extrême fossé proposé entre le paraître et l'effectif. Les gens essaient souvent d'avoir un certain statut, à la différence d'une stature. La plupart du temps, les gens sont adorables et adorent raconter les petites anecdotes du moment, parfois il arrive de rencontrer des gens à l'arrogance extrême, qui te regarde comme un paquet de merde. Toujours agréable. Ce n'est pas mon milieu, d'ailleurs c'est sensé se voir, mais c'est une musique qui me touche souvent. Mais je me rends bien souvent compte que je n'appartiens à aucun de ces milieux qu'on aimerait m'imposer, ou que la musique que j'aime me signifie comme étant celui auquel je devrais adhérer. Je me retrouve à la croisée de tous mes amours musicaux, aussi variés soit-il, ainsi qu'à la croisée de ma pensée qui n'est jamais fixée. Ça me rend quelque fois malheureuse, puisque en un sens, c'est ma faute. Ça me joue des tours parfois, notamment dans mes études et recherches. Ne pas pouvoir s'affilier à un courant. Exécrer l'attitude de certains universitaires. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que mon milieu, ce sont juste ces gens qui me touchent, me tirent vers le haut, ... Et j'ai arrêté de croire que j'avais une seule place attitrée à trouver, mais plutôt, des milliers à conjuguer.

Revenons à nos moutons, le concert d'hier soir. En les voyant rire à gorge déployée pendant l'entracte, je me suis souvenue une anecdote vécue avec le gros bobby, à mes dépens bien sûr. J'ai voulu l'emmener une fois voir un concert de musique classique, du Brahms pour être précise. Mauvaise idée, très mauvais plan. Non pas que ça soit la faute à la musique qu'il adore, mais plutôt, la faute au milieu qui l'entoure. À l'entracte, nous sommes sortis fumer une cigarette, échangeant nos points de vue sur le concert, et plus particulièrement, un débat échaudé sur le port de la queue de pie encore en vigueur. L'uniforme du musicien classique. Un autre collègue cigaretteux rejoint le débat, et la seule impression qui me reste aujourd'hui de cet écart est une aversion extrême pour le caractère résolument obtus de ce débat, aucun des deux ne voulant abandonner son cheval de bataille. J'ai compris alors, que derrière que son apparente timidité, il ne fallait quasiment rien pour embraser le gros bobby, et lui faire sortir sa théorie sur le déclin de notre société. Il m'avait tellement exaspéré en tenant ce débat qui n'avait pas lieu d'être, et surtout pour continuer à m'en parler des heures après, je l'ai planté là en sortant du concert.

Ce qui a abouti à une semaine de non-communication et ruminage, pour ma part, et une constation : nos orgueils très mal placés. Une sorte de test. J'ai compris que cette histoire, c'était une folie, qu'on allait s'empoisonner clairement nos vies, mais c'était vivant, enfin c'est l'impression que ça me donnait. Le plein d'émotions fortes. De haine et d'amour. J'en revenais pas de vivre un tel cliché ! Mais j'ai quand même pris le combiné, et décidé de l'appeler... 

Posté par annberlin à 22:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]


08 mai 2009

Nouveau, enfin presque

Ce n'est définitivement pas la première tentative, et je suppose, pas la dernière.

En attendant, le gros bobby et moi-même vous souhaitons la bienvenue. Il faut savoir, tout d'abord, que le gros bobby n'est pas nécessairement gros, non. Ann berlin ne vient pas nécessairement de Berlin non plus.

Nous nous sommes rencontrés à une foire au vin. Tellement prémonitoire. Notre relation n'est qu'une suite de gueules de bois mal digéreés. Le plus bizarre étant que ça fonctionne bien comme ça. M'enfin, comme on dit, le mystique lien entre deux individus. Ça a fait tilt. J'y croyais pas trop avant, à ce genre d'événements. Jme disais que c'était une connerie inventée par des gonzesses en manque de romantisme et de trucs exceptionnels dans leur vie. Une manière de rendre l'ensemble plus digeste et extraordinaire. Une manière de sortir du quotidien. Attention, y'a rien de mal à ça, mais jtrouvais ça tellement symptomatique. Jusqu'à.

Jusqu'à ce samedi après midi là. Je déambulais entre les différentes caves, goûtant ça et là une lichette de vin. On s'est retrouvé au même endroit. Nos verres se sont entrechoqués et nos regards se sont croisés. Et bam ! Non, jdéconne, il traînait sur un stand, le regard vide, il avait l'air totalement fou. Je discernais sur sa nuque et son cou un tatouage. Lorsqu'il s'est tourné vers moi, son regard m'a totalement happé, profond et noir, malgré le bleu de ses yeux. Le genre de mec à pas déconner tout les quarts d'heure. Tellement pas mon genre. Il fumait une cigarette. Il s'est adressé à moi, d'une manière charmante, en m'invitant à l'accompagner. Jsuis pas le genre de nana à refuser une invitation. En général, les trucs de drague me plaisent bien, jusqu'à ce que ça devienne sérieux. Jsuis le genre de specimen à prendre les jambes à son cou dès qu'on évoque une possible intimité. Ça me fait froid dans le dos. Donc, j'ai accepté.

Et là, en se présentant, je ne saurais expliqué ce qu'il s'est passé, mais en serrant sa main, c'est comme si je recevais une décharge électrique. Un truc violent. Alors j'ai su, et j'ai voulu m'en aller. Pas capable de gérer. J'arrêtais pas de me demander cque jfoutais là, à discuter avec un espèce de mec vraiment bizarre, qui évidemment tapait bien dans la trentaine, alors que je stagnais gentiment dans les dix ans de moins. C'est ce que les gens autour de nous ont dû se dire. C'est quoi cette ptite pépette qui zone avec un vieux taré de quarante piges. Jme souviens plus ce qu'on s'est dit, jme souviens de cette impression que tout était là, pas la peine de bluffer. Qu'il fallait que j'arrête de flipper, parce que j'y échapperais pas.

Aujourd'hui, quand les gens nous voient, ils pensent toujours que c'est moi qui ait dû faire tout le boulot, d'aller le chercher. Ils ne savent pas à quel point ils se trompent. Ce gros bobby, un peu gauche, c'est lui qui est venu me chercher, qui m'a sorti du connu, qui m'a emmené avec lui, qui a vu bien avant moi ce qui nous attendait. Ou du moins, qui n'avait pas à lutter avec tout ça.

Ça a l'air mignon vu comme ça, mais ça l'est pas. Une nouvelle relation, ça peut couler de sources, comme ça peut être la plus grande source d'angoisse jamais vue. Évidemment, tu l'auras compris, on fait dans du lourd, dans de l'intense et du profond. Parfois, c'est même un peu dépressif et d'autre même suicidaire. Et on sourit.

Posté par annberlin à 23:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]